Quand j'écris idéal, je sous entends " pour moi ". Néanmoins, je ne pense pas avoir des goûts extra terrestre donc j'espère que d'autres se retrouveront dans cette page. J'ai choisi de faire une liste chronologique de sorti des albums sans aucune bonne raison. Cette liste n'est pas exhaustive et pourra vous rappeler le numéro hors série de Guitares & Claviers Discothèque du Guitariste Rock (octobre 1996). Cela dit, ce n'est qu'une inspiration car certains de leurs choix sont discutables tandis que d'autres sont évidents et donc incontournables. De plus, je ne me vois pas recopier un magazine, il est toujours possible de se le procurer. Je me suis aussi inspiré de Guitar The top, 50 albums that changed rock guitar (fevrier 1996).
La question qui se pose en premier lieux est par où je commence. La guitare existe depuis un bout de temps et le disque depuis un peu moins mais presque 100 ans. Etant moi même guitariste, je me suis aperçu que la musique commençait à me plaire à partir du milieux des années 60. Sachant que je m'adresse à priori à des musiciens et plus précisemment à des guitaristes, je commencerais donc par quelques évidences des années 60. Ensuite, je parcourerais l'histoire jusqu'à aujourd'hui. Une seule exception en la personne de Robert Johnson qui bien que mort depuis longtemps dans les années 60 ne pouvait passer au travers de la phonotèque idéal du guitariste.
N.B.: Cette liste n'est en rien exhaustive, cela serait bien prétentieux de ma part, mais est destinée à s'agrandir avec le temps. Dernier détail, les dates données sont celles d'enregistrements ce qui ne changent rien pour les albums studios mais pas pour certains live.
The Complete Recordings, Robert
Johnson, 1937 : Que peut - on dire sur ce disque enregistré
il y a 62 ans et dont l'influence se fait toujours sentir aujourd'hui. Je
me contenterais de citer quelques classiques qui seront popularisés
par d'autres, notamment dans les années 60 . Sweet Home Chicago
repris par tellement de monde qu'il serait fastidieux de tous les citer,
Love In Vain qui figure sur l'album Voodoo Lounge des stones (bonjour
le massacre), Crossroad Blues qui nous montrera Clapton au sommet
de son art, Rambling On My Mind que l'on retrouve sur un album cité
plus loin. J'arrête la liste mais les titres sont encore nombreux.
Sil y a un album de blues accoustique indispensable, c'est bien celui la.
Live At The Regal, BB King, 1964 :
Are You Experienced, Jimi Hendrix Experience,
1966 : Le premier album du maître, le plus connu aussi. Il
contient tout le style qu'Hendrix exprimera, jusqu'à sa mort, dans
des titres comme Purple Haze, The Wind Cries Mary, Foxy Lady, Manic Depression,
Red House. Cet album peut être considéré comme l'an
0 de la guitare électrique tel que nous la connaissons aujourd'hui.
Même les Beatles, grands expérimentateurs devant l'éternel,
seront transformés après cet album. C'est aussi le premier
"super groupe" de l'histoire. Avec Cream et dans une moindre mesure
Taste, ils se partegeront la vedette de la fin des sixties.
John Mayall Bluesbreakers with Eric Clapton,
1966 : La première apparition de Clapton après les
Yardbirds. Dans cette album il y a trois genre de musique, du blues, du
blues et du blues. Des reprises des plus grands ( All your love d'Otis
Rush, Hideaway de Freddy King, Ramblin' on my mind de Robert
Johnson) des compos de papa Mayall et le tour est joué. Le son n'est
pas terrible mais on va pas faire les difficiles. Plus que conseiller si
on aime le blues.
Roger the Engineer, The Yardbirds, 1966
: Ami du psychédélisme bonjour. Avec cette album, les Yardbirds
( avec Jeff Beck et Jimmy Page ) atteignent le paroxysme du psyché.
Tout est déjanté, les rythmes de batterie, les guitares, les
mélodies mélangeant des influences du monde entier. On patauge
dans le LSD, les paquerettes sont rouges et tout le monde sévérement
déchiré. Le plus incroyable c'est que cette album date de
1966, le tout début du psyché. Au rayon incontournable on
retiendra Jeff's Boogie qui deviendra un classique de Jeff Beck.
Electric Ladyland, Jimi Hendrix Experience,
1968 : Un autre du gauché. Plus diversifié que Are
you Experienced, il contient All Along The Watchtower, Voodoo Chile,
Burning of the Midnight Lamp et le spatial 1983...(A Merman I Should
Turn to Be). Rien à dire de plus que pour l'album précédent
si ce n'est que ces deux albums permettent de découvrir Mitch Mitchell,
un batteur hors du commun qui n'est pas étrangé à la
réussite de l'enfant voodoo.
Live Dead, Grateful
Dead, 1969 : Groupe de légende s'il en est, le dead ne s'est
arrété qu'à la mort d'un de ses membres fondateurs,
le guitariste Jerry Garcia. C'est un des groupes de rock qui a poussé
le concept d'improvisation le plus loin. Entrainant les fans dans des concerts
marathon qui, la légende l'affirme, pouvaient durer toute la nuit.
Ce disque, donc, est une compilation de morceaux enregistrés en public
et s'ouvre par Dark Star, un morceau spatial de 24 minutes, face
B des débuts, ici prétexte à une improvisation totale
qui nous met tout de suite dans l'ambiance. Ambiance tantôt blues,
tantôt jazz, rock ou tout ce que vous voulez. Le dead n'appartenait
à aucune courant, il était son propre courant musical. Chacun
y va de son solo, le duo de percussionniste/batteur nous en donne pour notre
argent et n'est pas étrangé à l'atmosphère que
dégage ce disque.
Paranoid , Black Sabbath, 1970
: Le disque fondateur du Heavy Metal. On pourrait presque dire que c'est
un Best Of car il contient War Pigs, Paranoid, Iron Man, Planet Caravan
et Electric Funeral. On retrouve la voix spécial d'Ozzy,
la guitare de Tony Iommi et ses power chords en palm mute, la basse de Geezer
Butler et la batterie de Bill Ward. La plupart des titres que j'ai cité
plus haut sont toujours repris par Ozzy lors de ses concerts. Aux dernières
nouvelles, Black Sabbath avec ce line up est reformé et ils ont fait
une tournée.
Fire and Water, Free, 1970 : Un
album simple et efficace mais avec une force rarement atteinte à
ce degré de dépouillement. Il y a bien sur les tubesques Fire
and Water et All Right Now mais aussi les déchirants Heavyload
et Don't Say You Love Me. Les musiciens de Free, s'ils ne faisaient
pas montre de virtuosité étaient des compositeurs de premier
plan. On se sent assez proche des Stones bien que Paul Rodgers, Paul Kossof,
Andy Fraser sont bien meilleurs que Mick Jagger, Keith Richards et Bill
Wyman.
Abraxas, Santana, 1970 : Après
une introduction atmosphérique, Carlos envoie le larsen avec Black
Magic Women/Gypsy Queen. Il introduit par ce disque le style latino
et le mode Dorien dans le rock occidental qui s'était jusque là
tournée plutôt vers l'orient. L'utilisation massive de percussion
et la présence d'un surdoué nommé Mickael Shrive à
la batterie contribuent à l'atmosphère globale de l'album.
Avec ce son de guitare unique, toujours à la limite du larsen, Santana
donne vie à sa guitare et nous prouve que l'instrument à beau
être en bois il respire aussi et a sa propre vie.
Fragile, Yes, 1971 : Si l'on doit
donner une date de naissance au rock progressif alors cette album pourrait
être un point départ. Pour une des premières fois, un
groupe mélange le classique au rock, pousse un peu plus loin ce qui
a été instigué par le Grateful Dead. Pour plus de diversité,
5 des 9 titres sont des compositions ou arrangements d'une seul personne.
La plus fameuse de ces pièces est Mood For a Day, morceau
classique de et joué par Steve Howe à la guitare. Pour son
solo Jon Anderson fait une harmonisation accrobatique d'une multitude de
parties vocales et on a même droit à un déjantage en
règle sur le solo de Bill Brudford. Ce qui est sur c'est que ces
musiciens ont quelque chose à dire. 3 des 4 morceaux "communs"
durent plus de 8 minutes. Non content d'avoir des idées, ils sont
en plus excellents musiciens avec notamment Bill Brudford à la batterie
et Rick Wakeman aux claviers. La voie est ouverte à Yngwie Malmsteen,
Dream Theater et autres Angra par le titre Heart Of Sunrise qui ne
déparerait pas sur un album des précités.
The Allman Brothers At Fillmore East,
Allman Brothers, 1971 : Souvent classé avec les groupes de
rock sudiste, le Allman Brothers Band est avant tout un groupe de blues
dévoué corps et bien à l'improvisation. Le duo de guitariste
soliste, Duane Allman essentiellement à la slide et Dicky Betts enflamme
chaque chanson soutenue par l'orgue de Greg Allman et une section rythmique
impécable et qui est beaucoup plus qu'un métronome. Sur ce
double vinyl on trouve 7 morceaux dont le plus long atteind la durée
honorable de 22'40''. Dans la lignée de Live du Grateful Dead avec
un côté nettement plus blues. Le destin rappelera Duane Allman
un an plus tard ainsi que le bassiste un an après. Heureusement que
Duane avait eu le temps de participer aux sessions de Layla de qui vous
savait.
Machine Head, Deep Purple, 1972
: La légende en deux titres, Smoke On The Water et Highway
Star. Force est de constaté que ces deux titres sont des classiques.
Si l'on ajoute à ces deux titres une poignée de compos qui
dépotent comme Pictures Of Home, Lazy et Space Truckin'
on comprend pourquoi après cette album Deep Purple est passé
du statut de star à celui de légende. On a affaire à
un des super groupes de l'époque, tous les musiciens sont au top
avec leur instrument. Ian Gillan peut aller titiller Robert Plant. Ian Paice
a un touché et une dextérité peu commune. Blackmore
nous livre ses meilleurs solos avec notamment celui de Highway Star.
John Lord et Roger Glover sont loin d'être des faires valoirs et nous
donnent aussi quelques solos pour le prouver. Une légende disais
- je.
Birds Of Fire, Mahavishnu Orchestra,
1973 : Il fut un temps où John McLaughlin dégainait
sa Gibson double manche avec distorsion dans le rouge et speed picking à
tous les étages. C'est à cette épopque qu'il est connu
comme le guitariste le plus rapide du monde grace à une technique
main droite sans faille. Avec le Mahavishnu Orchestra il nous livre un disque
instrumentale mélangeant habilement ses influences, que sont le rock,
le jazz et la musique orientale, dans une fusion qui rapelle un peu ce que
feront les Dixie Dregs quelques années plus tard (voir plus bas).
La présence des mêmes instruments dans ces deux groupes n'est
pas étrangère à cette ressemblance. En plus de John,
on trouce dans ce groupe Billy Cobham à la batterie, Rick Laird à
la basse, Jan Hammer aux claviers et Jerry Goodman au violon. Le gratin,
quoi.
The Dark Side of the Moon, Pink Floyd,
1973 : L'oeuvre monumentale du Floyd. Ils avaient décidés
de frapper très fort et le pari est réussi. Ce qui fait la
force de cet album c'est que ses sept titres n'en forment qu'un à
l'écoute. Il y a bien entendu Money et ses trois solos d'une
guitare avec trois sons qui n'appartiennent qu'à David Gilmour. Le
chant que qualifierais de spatial sur Breathe alors qu'il est rock sur Money.
Bien sur, on reprochera toujours à Nick Mason et Roger Waters de
ne pas savoir jouer mais le style de Mason colle parfaitement à l'ambiance
et Waters est un redoutable compositeur. Que demander de plus ? Le Floyd
n'a rien sorti de renversant depuis son départ. Nous retiendrons
que l'ingénieur du son est Alan Parson qui fera parler de lui quelques
années plus tard dans un style pas très éloigné.
Where Have I Known You Before, Return
To Forever featuring Chick Corea, 1974 : Bien que ce soit Chick Corea
qui est son nom sur la pochette le groupe qui l'accompagne a de quoi faire
palir. En effêt, on retrouve Al Di Meola à la guitare, Stanley
Clarke à la basse et Lenny White à la batterie. Ce disque
que l'on classerait volontiers sous l'étiquette jazz rock est en
fait plus abordable que beaucoup de ces congénères. L'écoute
n'est jamais ennuyeuse et se surprend à chantonner certains chorus
facilement mémorisable (même en l'absence de paroles).
Led Zeppelin IV, Led Zeppelin, 1974
: S'il fallait qu'il n'en reste qu'un ... bref, vous connaissez la chanson.
En fait cette album très varié est surtout connu car il contient
la plus grande chanson de l'histoire du rock, j'ai nommé Stairway
to Heaven. A ce moment là, Led Zeppelin est à son sommet
et y restera quelques années encore. Il n'y a rien a jeté.
Tout est superbe, le son, les chansons, les performances de chacun. N'oublions
pas de signaler la présence de Rock & Roll et Black
Dog entre autres parties de la légende. Cette album suit la voie
tracée par III et romp définitivement avec I et II, albums
Hard Rock - Blues et pierres angulaires du hard rock naissant. Cette album
annonce House of The Holy et Physical Grafiti, ce que l'on appelera plus
tard world music. Si pour vous la vie de Led Zep c'est arrêté
après II alors passer votre chemin, vous n'avez rien compris.
Blow by Blow, Jeff Beck, 1975 :
Cette album est le début de la carrière solo de Jeff Beck.
Il est dans la lignée des deux réalisés avec le Jeff
Beck Group et propose donc une fusion de différentes choses comme
le blues, la pop, le funk, le jazz et le rock bien etendu. Au travers des
9 titres instrumentaux, il nous livre une démonstration de guitare,
tant au niveau de l'interprétation ( Scatterbrain et Air
Blower notamment ) qu'à celui de la composition (les deux titres
récédents et You Know What I Mean ). On ne peut pas
passer à coté de cette album sans évoquer Cause
We've Ended As Lovers de Stevie Wonder et duquel Jeff fait un titre
majeur de sa discographie. L'émotion est présente tout au
long de cette chanson qui arracherait une larme à un vétéran
de la légion.
Captured Live, Johnny Winter,
1976 : Là où Jeannot Hiver passe, le blues trépasse
est ce qui décrit le mieux ce disque et ce guitariste qui a décidé
que le blues ne pouvait être lent. On se retrouve donc avec un mélange
compos/reprise qui dépote. Au volant de sa Gibson Firebird et bottleneck
au doigt, Johnny Winter passe les reprises, et notamment le Highway 61
de Dylan, à la moulinette rock. Johnny met toute sa technique au
service d'un blues péchu qui sera une des influences majeurs de Stevie
Ray Vaughan. Souvenons nous de cette phrase "Un fan de Stevie Ray Vaughan
c'est quelqu'un qui n'a jamais écouté Johnny Winter".
Y'a du vrai !
Night of The Living Dregs, Dixie Dregs,
1976 : Un autre groupe où ça fusionne dur. Ce disque
est partagé en deux partie, une studio et une live enregistrée
à Montreux. Avec le fantastique Steve Morse aux guitares ( actuellement
chez Deep Purple ), on mélange rock sudiste, country, jazz et même
un brin de classique sans vergogne. La mise en place des rythmiques, les
solos joués à l'unisson par la guitare et le violon font taire
les extrémistes de tout poil en leur montrant que l'on peut jouer
country avec de la distorsion et du rock avec un violon. Le violon apporte
une touche originale et sert de guide sur les thèmes et prend une
belle part dans des solos vertigineux ou du western brut de décoffrage
( The Bash ).
The Royal Scam, Steely Dan, 1976
: Derrière les deux piliers de Steely Dan que sont Donald Fagen et
Walter Becker, on trouve une troupe de fines gachettes des studios californiens
comme Larry Carlton à la guitare, Chuck Rainey à la basse
ou Bernard Purdie à la batterie. D'autres musiciens apparaissent
au fil des chansons avec notamment une bande de guitariste de premier plan.
Que trouve t'on sur ce disque ? De tout, du pop - rock, du jazz au travers
de progressions peu communes en rock, des rythmiques aux relents funk, en
un mot une fusion reussie qui montre que l'on peut tout mélanger
pourvus que l'on ait les bons musiciens. Une interprétation parfaite
sert des compositions ni trop compliqué ni trop simple avec des refrains
que l'on retient sans peine sans pour autant tombé dans les clichés
rock à 3 accords. On retiendra en particulier Kid Charlemagne
et The Royal Scam.
Live, Jimmy Witherspoon &
Robben Ford, 1976 : Robben Ford nous dévoile ici un blues
plus classique que celui qui fera la renommée de ses albums solos.
Il faut dire qu'à 22 ans il n'a pas encore eu le temps d'absorber
toutes les influences et toutes les expériences qu'il fera en tant
que musicien de studio. Toujours est-il qu'armé de sa demi caisse
il enchaine les morceaux rapides et ultra lents avec un bonheur égal.
Ses interventions sont le parfais contrepoint du chant de Jimmy Witherspoon.
Une grande leçon de blues.
Elegant Gypsy, Al Di Méola,
1977 : Encore un guitariste qui joue plus vite que son ombre. Pourtant,
à cette époque, Al sait écrire de la musique, chose
qu'il perdra de vue jusqu'à une période récente. Ainsi,
il met son impressionnante technique au service d'une fusion de rythme latino,
jazz et son rock. Pour ne rien gacher, il enregistra ce disque avec un groupe
de musiciens à l'allure de Dream Team. Juger plutôt, Jan Hammer
et Barry Miles aux claviers, Steve Gadd et et Lenny White à la batterie,
Anthony Jackson à la basse et Paco De Lucia à la guitare rythmique.
Le bonhomme savait s'entourer. Distorsion enclenchée et Les Paul
en bandouillère, il nous livre un chef d'oeuvre avec notamment Flight
Over Rio, Mediteranean Sundance ou Race With The Devil On
Spanish Highway.
Van Halen, Van Halen, 1978 : Un
des disques qui a changé le monde de la guitare et qui est traditionnellement
l'instigateur de la technique du tapping dont Edward Van Halen deviendra
le dépositaire. En plus des exploits acrobatiques et pyrotechniques
du monsieur à la guitare sur Eruption qui justifierais à
lui seul la présence de ce disque dans la liste et qui a fait entrer
Eddie dans la catégorie légende vivante, on trouve sur ce
disque une floppée de titres qui deviendront des standards du groupe
comme Running with the Devil, You Really Got Me (reprise des
Kinks) ou Ain't talk about love. La présence de l'inégalé
David Lee Roth au chant ( en faisant abstraction des textes ) et l'efficace
section rythmique finissent de rendre ce disque indispensable.
Damn The Torpedoes, Tom Petty
and the Heartbreakers, 1979 : L'album de l'inoubliable Refugee
et son riff de 5 notes. Un album rock comme on en entend plus guère
aujourd'hui. Tout le talent d'un songwriter génial qui sait aller
à l'essentiel avec des harmonies simples rappelant Dylan, les Byrds
ou les Stones ( les principales influences de Tom ). Bref, c'est du rock,
on n'est pas plus intelligent après l'avoir écouté
mais on se sent mieux. Pas d'instrumentation délirante, de mise en
place sur le fil du rasoir. Ici tout est simple, les refrains sont entêtants
et cela en fait un album indispensable.
Mick Taylor, Mick Taylor, 1979
: Après son départ des Stones qui le remplaceront très
mal avec Ron Wood, Mick Taylor se met à l'ouvrage pour son premier
album solo. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre. Son deuxième
album solo est sorti cette année et est parait il de la même
facture. Ce disque commence pop - rock - blues avec Leather Jacket,
dédié à Keith Richards et à sa compagne de l'époque.
On trouve ensuite un blues accoustique à la slide ( Alabama
) puis un blues tout court avec le solo comme il faut ( Slow Blues
). Une ballade ( Baby I Want You ), un titre rock ( Broken Hands
) qui aurait pût être sur un album des Stones et enfin 3 titres
où Mick Taylor se métamorphose en Jeff Beck de la période
Blow by Blow et nous prouve que l'on peut avoir fait parti des Stones et
savoir jouer.
Live Wire/Blues Power, Albert
King, 1979 : Voila un album que l'on pourrait résumer par
beaucoup de solo et peu de blabla. Albert King nous livre ici son blues
plus parlé que chanté entrecoupé de solos anthologiques
(à moins que se soient les solos qui sont coupés par le chant
?). On a dit de lui qu'il faisait toujours tourner les mêmes plans,
ce n'est pas forcément faux mais l'écoute de ce disque n'est
jamais ennuyeuse. On retrouve sur ce disque deux titres qui font partis
de ses standarts Blues Power et Blues At Sunrise.
Stage Struck, Rory
Gallagher, 1980 : A l'entrée des années 80 Rory Gallagher
se lance dans un heavy blues assez éloigné du blues classique
qu'il a joué durant les années 70. Le tempo prend un coup
d'amphétamines et Rory déboule avec des rythmiques et des
solos plus rock-hard que blues. Cela ne l'empêche pas de graver quelques
cartons comme Moonchild, Shadow Play ou Follow Me.
La photo illustre en fait un coffret comprenant Stage Struck et Live In
Europe. Ce dernier permet de voir la différence de style entre le
debut et la fin des années 70. Avec Irish Tour '74 on tient là
les trois meilleurs live du regretté Rory.
Blizzard of Ozz, Ozzy Osbourne, 1981
: Pour son premier album solo le madman met les petits plats dans les grands
et a le coup de génie en engageant le guitariste Randy Rhoads qui
disparaitra un an plus tard non sans avoir participer aux deux meilleurs
albums d'Ozzy. Cette album, au final assez varié nous montre les
multiples facettes du talent de Rhoads au travers de chansons comme Crazy
Train ( Hard Rock ), Goodbye to romance ( Slow ), Dee
( Classique ) ou l'anthologique Mr Crowley, morceau de bravoure d'Ozzy.
Très influencé par la musique classique, il transpose cette
influence dans le Hard Rock comme l'atteste les solos de Mr Crowley
et I don't Know ou le titre Dee composé par Randy.
Friday Night In San Francisco,
Al Di Méola, John Mc Laughlin, Paco De Lucia, 1981 : Quand
trois tueurs de la guitare se réunissent voilà ce que cela
donne. Trois guitares accoustiques, rien de plus mais c'est largement suffisant
pour avoir fait rêver des générations d'apprentis gratteux.
Le titre phare de cette album suffirait presque à rendre l'album
indispensable. Mediteranean Sundance, signée Al Di Méola
est un pur joyau à consonnance hispanique. Les amoureux de guitare
technique sont servis. Un deluge de notes peu commun sur des progressions
d'accords mélangeants Jazz, Flamenco et Classique. Un disque pour
tous, y compris le plus obtu des trasheurs.
We Want Miles, Miles Davis, 1982 : Qu'est ce que fait un album de Miles dans une selection guitare doivent se demander certains. Cette enregistrement live fournira la réponse en la personne de Mike Stern, six cordiste de service au début des années 80, superbe guitariste mélangeant phrasé jazz et son rock voir hendrixien. Cette album est bien sur une bonne occasion de retrouver des improvisations sans fin tournant sur deux mesures (Jean Pierre). Si les albums solos de Mike Stern peuvent se révéler un peu ennuyeux (instrumental), ses interventions sur cette album sont beaucoup plus savoureuses car plus rares. Avec sa telecaster et le preamp dans le rouge il occupe un espace sonore délaissé par les autres instruments. Pour finir, la basse est tenue par un certain Marcus Miller....
War, U2, 1983 : Nos quatre irlandais sont en colère et le font savoir. Les titres phares de cet album sont bien entendu Sunday Bloody Sunday et New Year's Day. La guitare de The Edge est bien plus rock que celle que l'on entend aujourd'hui. Quelques solos toujours dans le ton, un son qui est la marque de fabrique du guitariste plus quelques idées simples qui feront un carton ( intro de Bloody Sunday ). La guitare et le chant sont supportés par la batterie quasi militaire de Larry Mulen Jr et la basse percusive d'Adam Clayton. Ce disque a donné lieux à un live en disque et vidéo de très bonne facture Under A Blood Red Sky.
1984, Van Halen, 1983 : Cinq ans
après la première baffe et une poignée d'album inégaux,
les chevelus californiens remettent le couvert avec un album beaucoup plus
abouti faisant une place aux claviers et à l'irremplaçable
David Lee Roth dont ce sera le dernier album avec le groupe. Le solo du
siècle sur le tube planétaire Jump, ce ne peut être
qu'Eddy qui nous avait déja fait le coup sur Beat It de Mickael
Jackson. Pour les amoureux du contre temps il y a Panama qui comme
Jump fait partie des standards du groupe. Hot for Teacher,
le space boogie, et son intro de batterie high speed conclu par un tapping
assassin. Alex Van Halen nous prouve qu'il n'est pas seulement le frère
d'Eddy mais un batteur qui ne fait pas rire. Les paroles sont ce quelles
sont mais on est pas là pour ça.
Couldn't Stand The Weather, Stevie Ray
Vaughan, 1984 : Après un premier album salué par la
critique, Stevie Ray n'a pas droit à l'erreur et doit prouver qu'il
est bien le renouveau du blues. Ce qu'il va faire en compagnie de Double
Trouble, le bassiste Tommy Shanon et le batteur Chris Layton. Ce disque
s'ouvre sur Scuttle Buttin, instrumental endiablé, où
SRV fait admirer sa technique et son sens du solo. On trouve ensuite les
morceaux Couldn't Stand The Weather et Cold Shot, séparés
par une Voodoo Chile dans une version apocalyptique qui sera au programme
de la majeure partie des concerts. On trouve enfin le très beau Tin
Pan Alley et le jazzy Stang's Swang.
Rising Force, Yngwie J. Malmsteen, 1984
: Alors que le monde s'extasi devant Jump de Van Halen, Malmsteen
sort ce qui est encore à l'heure actuel son meilleur album, et se
révèle comme le meilleur guitariste de sa génération.
Quand le classique rencontre un guitariste virtuose élevé
au hard rock, on obtient un nouveau style qui sera batisé shred ou
métal néo - classique et qui générera une multitude
de clones rivalisant de virtuosité. Au menu de cette album, 8 titres
qui poseront les bases de ce nouveau style. Le touché et le son de
l'homme a la strat jaune se retrouvent sur Black Star, Far Beyond the
Sun ou Icarus' Dream op.4. Cela dit, la musique cède parfois
à la démonstration mais moins que par la suite. Aujourd'hui,
notre suédois c'est enfermé dans son style et vient juste
de refaire surface après un passage à vide d'une dizaine d'année.
Apetite for Destruction, Gun's & Roses, 1987 : Quand les Gun's étaient jeunes et pauvres, ils avaient la rage et faisient de la musique. Ce disque contient sa dose d'énergie brut et pour une époque où Bontempi était plus populaire que Gibson, ça à secouer beaucoup de monde et susciter des vocations. On trouve sur ce disque Paradise City, Nightrain, Welcome To The Jungle, Sweet Child O'Mine et Mr Browstone pour ne citer que les plus connus. Une chose est sur, il n'y a rien à jeter, ni les solos anthologiques de Nightrain, Paradise City ou Sweet Child O'Mine ni la voie encore vivante d'Axel. Dommage que la suite soit une lente descente vers la médiocrité !
Surfin' With The Alien, Joe Satriani,
1987 : Pour Joe le moment est venu de se faire connaitre par le grand
public. C'est le but avoué de cette album. Il compose donc une poignée
de titre mélangeant démonstration guitaristique ( Midnight,
Circles ), composition pour toute la famille ( Always With You, Always
With Me ) et morceaux de bravoure à base de thèmes faciles
à mémoriser ( Crushing Days, Surfin' With The Alien,
Lord Of K arma ). Il réussi le tour de force de vendre plusieurs
millions d'exemplaires d'un album de musique instrumental ce qui dans les
années 80 est proche du miracle.
Sonic Temple, The Cult, 1989
: Produit par Bob Rock ( bien connu pour son travail avec Metallica ), cette
album est une mine d'or. Même si l'on pourrait lui coller une étiquette
Hard FM, on ne le fera pas car il y a finalement peu de ballades mais beaucoup
d'énergie ( Sun King, Fire Woman ). Avec des compos de grande
classe et des arrangements qui ne sont pas sans rappeler ceux de Jimmy Page
avec Led Zeppelin, The Cult nous livre l'album définitif. Rien à
changer, tout à écouter.
In Step, Stevie Ray Vaughan, 1989
: Le dernier album du texan avec son groupe Double Trouble. Encore un morceau
de légende dans cette album, Riviera Paradise. Un blues mineur
lent mais tellement beau, et ce son mes amis ...Lui aussi était au
sommet, il revenait de l'enfer et pour prouver qu'il n'avait rien perdu
de son talent il ouvre cette album par un rock endiablé, The House
is Rockin', repris il y a peu par Brian Setzer. Ensuite on trouve pèle
mèle une reprise de Willie Dixon, une de Buddy Guy et une poignée
de compos. Une tournée en Europe avec Jeff Beck était prévu
après cette album. Malheureusement, il n'en a jamais eu le temps.
Passion and Warfare, Steve Vai, 1990
: Après son passage chez Zappa et l'album solo qui suivit, Flexable,
Steve Vai nous revient avec un album solo instrumental. Souvent comparé
à Satriani, Steve prend quand même une voix plus expérimentale
que le maitre. Bruitage en tout genre et techniques de guitare exotiques
sont au rendez vous. Très abouti dans les arrangements/composition
tout autant que dans son jeux, cet album contient ce qui à l'heure
actuel reste le chef d'oeuvre de Vai, For The Love Of God. Ce titre
est un résumé de toutes les compétences de l'alien.
Un son titanesque, un thème imparrable, quelques passages techniquements
impresionnants et une partie de synthé arrangée de fort belle
manière.
Metallica, Metallica, 1991
: Après le métal stricto sensus de Master Of Puppets et un
métal quasi progressif sur And Justice For All, Metallica se met
à la portée du grand public avec cette album et ses trois
tubes planétaires Enter Sandman, The Unforgiven et
Nothing Else Matter. En plus de ces trois titres qui sont pour certain
une trahison, on en trouve une poignée qui n'aurait pas déparé
sur Ride The Lighting ou And Justice For All ( Wherever I May Roam, The
God That Failed et My Friend Of Misery pour ne pas les citer
). Une mention spécial pour Kirk Hammett qui n'a jamais été
aussi inspiré que sur ce disque. La suite est moins rose mais surrement
plus dorée pour nos métalleux puisque depuis ils sortent des
albums insipides et ce n'est pas le dernier, Garage Inc qui relève
le niveau.
Blood Sugar Sex Magik, Red Hot
Chili Peppers, 1991 : Pour eux aussi c'est l'album de la reconnaissance
planétaire. Des hits monumentaux comme Under The Bridge, Blood
Sugar Sex Magic et Give It Away et les non moins monumentaux
I Could Have Lied, Suck My Kiss, Naked in The Rain et Apache Rose
Peacock font découvrir au monde la fusion du rock, du hard et
du funck. La force des red hot réside essentiellement dans leur duo
rythmique, Chad Smith derrière les futs et Flea à la basse,
dont l'efficacité est encore une fois démontré. A la
guitare John Frusciante nous livre quelques solos de grande classe sous
influence Hendrixienne. Kiedis n'est pas en reste puisque l'ancien rappeur
fait mieux qu'essayer de chanter. En résumé, un album qui
déménage mais néanmoins recommandé pour toute
la famille.
Back To The Light, Brian May, 1992 : Freddy
Mercury n'est pas encore froid que Brian May sort son album solo, le deuxième,
où il nous fait partager son mal être. Il s'énerve et
on en prend plein la tronche après une introduction un peu space.
Si l'on n'était pas convaincu de son talent du temps de Queen (encore
qu'il fallait être sourd), on en est maintenant persuadé. On
découvre en plus du guitarsite un excellent chanteur. Le fait qu'il
soit cité comme exemple par bon nombre de bon guitariste actuel est
complètement évident à l'écoute de cette album
où il passe sans encombre d'un quasi métal à de la
country ou à des ballades.
Rage Against The Machine, Rage Against
The Machine, 1992 : Le reveil aurait pût être plus calme.
Après la décennie Hard FM, les petits jeunes de RATM ont des
choses à dire et ils le font savoir. Tom Morello pousse tous les
potards à 11 et inventent de nouvelles sonorités guitaristiques.
Mélangeant allègrement riffs métal, rythmique funckisante
et solo façon bontempi, il nous prouve que la guitare n'a pas encore
tout dit. Zack De La Rocha, brailleur de service, nous délivre son
message socio-politico-economico-radical comme un grand coup de pied dans
le c_l et nous rapelle que le monde n'est pas parfait ( avait - on besoin
de lui ? ). Pour mieux nous interpeller, ils ont pensé à tout,
y compris le moine boudhiste s'imolant par le feu sur la pochette. Original
non !
Image and words,
Dream Theater, 1992 : Le deuxième album du groupe phare de
la scène progressive côté métal. Après
un changement de chanteur et l'écriture d'une poignée de titre
qui deviendront des standards, DT nous montre que l'on peut être technique
tout en faisant de la musique. Ces titres, tous les fans de bases les connaissent.
Il s'agit de Pull Me Under, Take The Time, Metropolis part 1 et Learning
to Live. Le problème de ce groupe est que ils sont tous bons
voir les meilleurs sur leur instruments. John Petrucci est assuremment un
des grands de la guitare. En plus de jouer plus vite que son ombre, il est
un orfèvre en matière de son. Mike Portnoy est sans conteste
possible le meilleur batteur de la scène métal. Quand au chant,
il est tout simplement excellent. Je ne parle pas du bassiste, vous n'avez
qu'à écouter son solo sur Metropolis pour vous faire
votre avis, ni du clavier, lui aussi un tueur.
Ten, Pearl Jam, 1992 : Catalogué
à tort comme grunge, les petits gars de Pearl Jam sont les seuls
à avoir survécu à la mort de Kurt Kobain ce qui prouve
bien qu'ils ne l'étaient pas. Ce qui est sur c'est que nos quatre
faux grunges ne font pas dans la dentelle. Ils attaquent bille en tête
avec Once, Free et Alive. Devant les guitares Zeppeliniène
de Stone Gossard et Mike Mc Ready on trouve le meilleur chanteur de la scène
de Seatle, Eddie Vedder. Avec sa voix puissante, les titres précédents
deviennent des hymnes que nos guitaristes enrobent de solos à l'emporte
pièce. En fait, de Seatle ils ont le son et des chansons qui ne respirent
pas vraiment la joie de vivre mais bon c'est le genre qui veut ça.
From the Craddle, Eric Clapton, 1994
: Pendant une dizaine d'année, on a cru Clapton perdu pour le Blues
et la musique autre que FM. Il n'en est rien. Cette album de reprises de
blues est pour moi son meilleur album solo. C'est une suite logique à
Unplugged qui faisait déja une belle part aux reprises blues. Contrairement
à son habitude, il lache sa strato, sur certain titre, pour une demi
caisse. Le son est blues, claquant et un poil saturé. Les solos pleuvent
à n'en plus finir. Bref, tout cela nous ramène à son
album avec John Mayall quelques trente ans plus tôt. Pendant la tournée
qui suivra, il ne reprendra, au grand etonnement de beaucoup de fans, aucun
de ses standards. Personne ne s'en est plaint.
Venus Isle, Eric Johnson, 1996
: Guitariste texan quasiment inconnu de ce côté ci de
l'atlantique, il fait parti des très grand de la guitare. Venus Isle,
dernier album en date en est la preuve éclatante. Certes on qualifiera
le son de californien mais quel guitariste. Ses compositions, arrangements
et ses capacités sur le manche en font l'un des tout meilleur. Il
peut jouer blues, jazz, rock et country sans se forcer en vous parlant de
cuisine. Doté d'un bon organe vocal, il chante alors que l'instrumentation
se suffit à elle même mais cela ne nuît en rien à
l'album et évite une possible monotonie commune aux albums instrumentaux.
Ce n'est pas pour rien qu'il a fait la tournée américaine
du G3 avec Steve Vai et Joe Satriani. Si tous ses albums sont indispensables,
celui ci est surrement le plus abouti. Peut être un peu trop diront
certains, on se surprend à attendre une erreur ou un son brut de
décoffrage, il n'en est pas moins une référence. Pour
le même prix on trouve un morceau en hommage à SRV avec la
participation de Jimmy Vaughan.