LA DISCOTHEQUE IDEAL DU GUITARISTE


 

Quand j'écris idéal, je sous entends " pour moi ". Néanmoins, je ne pense pas avoir des goûts extra terrestre donc j'espère que d'autres se retrouveront dans cette page. J'ai choisi de faire une liste chronologique de sorti des albums sans aucune bonne raison. Cette liste n'est pas exhaustive et pourra vous rappeler le numéro hors série de Guitares & Claviers Discothèque du Guitariste Rock (octobre 1996). Cela dit, ce n'est qu'une inspiration car certains de leurs choix sont discutables tandis que d'autres sont évidents et donc incontournables. De plus, je ne me vois pas recopier un magazine, il est toujours possible de se le procurer. Je me suis aussi inspiré de Guitar The top, 50 albums that changed rock guitar (fevrier 1996).

La question qui se pose en premier lieux est par où je commence. La guitare existe depuis un bout de temps et le disque depuis un peu moins mais presque 100 ans. Etant moi même guitariste, je me suis aperçu que la musique commençait à me plaire à partir du milieux des années 60. Sachant que je m'adresse à priori à des musiciens et plus précisemment à des guitaristes, je commencerais donc par quelques évidences des années 60. Ensuite, je parcourerais l'histoire jusqu'à aujourd'hui. Une seule exception en la personne de Robert Johnson qui bien que mort depuis longtemps dans les années 60 ne pouvait passer au travers de la phonotèque idéal du guitariste.

 

N.B.: Cette liste n'est en rien exhaustive, cela serait bien prétentieux de ma part, mais est destinée à s'agrandir avec le temps. Dernier détail, les dates données sont celles d'enregistrements ce qui ne changent rien pour les albums studios mais pas pour certains live.


The Complete Recordings, Robert Johnson, 1937 : Que peut - on dire sur ce disque enregistré il y a 62 ans et dont l'influence se fait toujours sentir aujourd'hui. Je me contenterais de citer quelques classiques qui seront popularisés par d'autres, notamment dans les années 60 . Sweet Home Chicago repris par tellement de monde qu'il serait fastidieux de tous les citer, Love In Vain qui figure sur l'album Voodoo Lounge des stones (bonjour le massacre), Crossroad Blues qui nous montrera Clapton au sommet de son art, Rambling On My Mind que l'on retrouve sur un album cité plus loin. J'arrête la liste mais les titres sont encore nombreux. Sil y a un album de blues accoustique indispensable, c'est bien celui la.


Live At The Regal, BB King, 1964 :

 

 

 

 

 


Are You Experienced, Jimi Hendrix Experience, 1966 : Le premier album du maître, le plus connu aussi. Il contient tout le style qu'Hendrix exprimera, jusqu'à sa mort, dans des titres comme Purple Haze, The Wind Cries Mary, Foxy Lady, Manic Depression, Red House. Cet album peut être considéré comme l'an 0 de la guitare électrique tel que nous la connaissons aujourd'hui. Même les Beatles, grands expérimentateurs devant l'éternel, seront transformés après cet album. C'est aussi le premier "super groupe" de l'histoire. Avec Cream et dans une moindre mesure Taste, ils se partegeront la vedette de la fin des sixties.


John Mayall Bluesbreakers with Eric Clapton, 1966 : La première apparition de Clapton après les Yardbirds. Dans cette album il y a trois genre de musique, du blues, du blues et du blues. Des reprises des plus grands ( All your love d'Otis Rush, Hideaway de Freddy King, Ramblin' on my mind de Robert Johnson) des compos de papa Mayall et le tour est joué. Le son n'est pas terrible mais on va pas faire les difficiles. Plus que conseiller si on aime le blues.


Roger the Engineer, The Yardbirds, 1966 : Ami du psychédélisme bonjour. Avec cette album, les Yardbirds ( avec Jeff Beck et Jimmy Page ) atteignent le paroxysme du psyché. Tout est déjanté, les rythmes de batterie, les guitares, les mélodies mélangeant des influences du monde entier. On patauge dans le LSD, les paquerettes sont rouges et tout le monde sévérement déchiré. Le plus incroyable c'est que cette album date de 1966, le tout début du psyché. Au rayon incontournable on retiendra Jeff's Boogie qui deviendra un classique de Jeff Beck.


Electric Ladyland, Jimi Hendrix Experience, 1968 : Un autre du gauché. Plus diversifié que Are you Experienced, il contient All Along The Watchtower, Voodoo Chile, Burning of the Midnight Lamp et le spatial 1983...(A Merman I Should Turn to Be). Rien à dire de plus que pour l'album précédent si ce n'est que ces deux albums permettent de découvrir Mitch Mitchell, un batteur hors du commun qui n'est pas étrangé à la réussite de l'enfant voodoo.

 


Live Dead, Grateful Dead, 1969 : Groupe de légende s'il en est, le dead ne s'est arrété qu'à la mort d'un de ses membres fondateurs, le guitariste Jerry Garcia. C'est un des groupes de rock qui a poussé le concept d'improvisation le plus loin. Entrainant les fans dans des concerts marathon qui, la légende l'affirme, pouvaient durer toute la nuit. Ce disque, donc, est une compilation de morceaux enregistrés en public et s'ouvre par Dark Star, un morceau spatial de 24 minutes, face B des débuts, ici prétexte à une improvisation totale qui nous met tout de suite dans l'ambiance. Ambiance tantôt blues, tantôt jazz, rock ou tout ce que vous voulez. Le dead n'appartenait à aucune courant, il était son propre courant musical. Chacun y va de son solo, le duo de percussionniste/batteur nous en donne pour notre argent et n'est pas étrangé à l'atmosphère que dégage ce disque.


Paranoid , Black Sabbath, 1970 : Le disque fondateur du Heavy Metal. On pourrait presque dire que c'est un Best Of car il contient War Pigs, Paranoid, Iron Man, Planet Caravan et Electric Funeral. On retrouve la voix spécial d'Ozzy, la guitare de Tony Iommi et ses power chords en palm mute, la basse de Geezer Butler et la batterie de Bill Ward. La plupart des titres que j'ai cité plus haut sont toujours repris par Ozzy lors de ses concerts. Aux dernières nouvelles, Black Sabbath avec ce line up est reformé et ils ont fait une tournée.


Fire and Water, Free, 1970 : Un album simple et efficace mais avec une force rarement atteinte à ce degré de dépouillement. Il y a bien sur les tubesques Fire and Water et All Right Now mais aussi les déchirants Heavyload et Don't Say You Love Me. Les musiciens de Free, s'ils ne faisaient pas montre de virtuosité étaient des compositeurs de premier plan. On se sent assez proche des Stones bien que Paul Rodgers, Paul Kossof, Andy Fraser sont bien meilleurs que Mick Jagger, Keith Richards et Bill Wyman.


Abraxas, Santana, 1970 : Après une introduction atmosphérique, Carlos envoie le larsen avec Black Magic Women/Gypsy Queen. Il introduit par ce disque le style latino et le mode Dorien dans le rock occidental qui s'était jusque là tournée plutôt vers l'orient. L'utilisation massive de percussion et la présence d'un surdoué nommé Mickael Shrive à la batterie contribuent à l'atmosphère globale de l'album. Avec ce son de guitare unique, toujours à la limite du larsen, Santana donne vie à sa guitare et nous prouve que l'instrument à beau être en bois il respire aussi et a sa propre vie.


Fragile, Yes, 1971 : Si l'on doit donner une date de naissance au rock progressif alors cette album pourrait être un point départ. Pour une des premières fois, un groupe mélange le classique au rock, pousse un peu plus loin ce qui a été instigué par le Grateful Dead. Pour plus de diversité, 5 des 9 titres sont des compositions ou arrangements d'une seul personne. La plus fameuse de ces pièces est Mood For a Day, morceau classique de et joué par Steve Howe à la guitare. Pour son solo Jon Anderson fait une harmonisation accrobatique d'une multitude de parties vocales et on a même droit à un déjantage en règle sur le solo de Bill Brudford. Ce qui est sur c'est que ces musiciens ont quelque chose à dire. 3 des 4 morceaux "communs" durent plus de 8 minutes. Non content d'avoir des idées, ils sont en plus excellents musiciens avec notamment Bill Brudford à la batterie et Rick Wakeman aux claviers. La voie est ouverte à Yngwie Malmsteen, Dream Theater et autres Angra par le titre Heart Of Sunrise qui ne déparerait pas sur un album des précités.


The Allman Brothers At Fillmore East, Allman Brothers, 1971 : Souvent classé avec les groupes de rock sudiste, le Allman Brothers Band est avant tout un groupe de blues dévoué corps et bien à l'improvisation. Le duo de guitariste soliste, Duane Allman essentiellement à la slide et Dicky Betts enflamme chaque chanson soutenue par l'orgue de Greg Allman et une section rythmique impécable et qui est beaucoup plus qu'un métronome. Sur ce double vinyl on trouve 7 morceaux dont le plus long atteind la durée honorable de 22'40''. Dans la lignée de Live du Grateful Dead avec un côté nettement plus blues. Le destin rappelera Duane Allman un an plus tard ainsi que le bassiste un an après. Heureusement que Duane avait eu le temps de participer aux sessions de Layla de qui vous savait.


Machine Head, Deep Purple, 1972 : La légende en deux titres, Smoke On The Water et Highway Star. Force est de constaté que ces deux titres sont des classiques. Si l'on ajoute à ces deux titres une poignée de compos qui dépotent comme Pictures Of Home, Lazy et Space Truckin' on comprend pourquoi après cette album Deep Purple est passé du statut de star à celui de légende. On a affaire à un des super groupes de l'époque, tous les musiciens sont au top avec leur instrument. Ian Gillan peut aller titiller Robert Plant. Ian Paice a un touché et une dextérité peu commune. Blackmore nous livre ses meilleurs solos avec notamment celui de Highway Star. John Lord et Roger Glover sont loin d'être des faires valoirs et nous donnent aussi quelques solos pour le prouver. Une légende disais - je.


Birds Of Fire, Mahavishnu Orchestra, 1973 : Il fut un temps où John McLaughlin dégainait sa Gibson double manche avec distorsion dans le rouge et speed picking à tous les étages. C'est à cette épopque qu'il est connu comme le guitariste le plus rapide du monde grace à une technique main droite sans faille. Avec le Mahavishnu Orchestra il nous livre un disque instrumentale mélangeant habilement ses influences, que sont le rock, le jazz et la musique orientale, dans une fusion qui rapelle un peu ce que feront les Dixie Dregs quelques années plus tard (voir plus bas). La présence des mêmes instruments dans ces deux groupes n'est pas étrangère à cette ressemblance. En plus de John, on trouce dans ce groupe Billy Cobham à la batterie, Rick Laird à la basse, Jan Hammer aux claviers et Jerry Goodman au violon. Le gratin, quoi.


The Dark Side of the Moon, Pink Floyd, 1973 : L'oeuvre monumentale du Floyd. Ils avaient décidés de frapper très fort et le pari est réussi. Ce qui fait la force de cet album c'est que ses sept titres n'en forment qu'un à l'écoute. Il y a bien entendu Money et ses trois solos d'une guitare avec trois sons qui n'appartiennent qu'à David Gilmour. Le chant que qualifierais de spatial sur Breathe alors qu'il est rock sur Money. Bien sur, on reprochera toujours à Nick Mason et Roger Waters de ne pas savoir jouer mais le style de Mason colle parfaitement à l'ambiance et Waters est un redoutable compositeur. Que demander de plus ? Le Floyd n'a rien sorti de renversant depuis son départ. Nous retiendrons que l'ingénieur du son est Alan Parson qui fera parler de lui quelques années plus tard dans un style pas très éloigné.


Where Have I Known You Before, Return To Forever featuring Chick Corea, 1974 : Bien que ce soit Chick Corea qui est son nom sur la pochette le groupe qui l'accompagne a de quoi faire palir. En effêt, on retrouve Al Di Meola à la guitare, Stanley Clarke à la basse et Lenny White à la batterie. Ce disque que l'on classerait volontiers sous l'étiquette jazz rock est en fait plus abordable que beaucoup de ces congénères. L'écoute n'est jamais ennuyeuse et se surprend à chantonner certains chorus facilement mémorisable (même en l'absence de paroles).


Led Zeppelin IV, Led Zeppelin, 1974 : S'il fallait qu'il n'en reste qu'un ... bref, vous connaissez la chanson. En fait cette album très varié est surtout connu car il contient la plus grande chanson de l'histoire du rock, j'ai nommé Stairway to Heaven. A ce moment là, Led Zeppelin est à son sommet et y restera quelques années encore. Il n'y a rien a jeté. Tout est superbe, le son, les chansons, les performances de chacun. N'oublions pas de signaler la présence de Rock & Roll et Black Dog entre autres parties de la légende. Cette album suit la voie tracée par III et romp définitivement avec I et II, albums Hard Rock - Blues et pierres angulaires du hard rock naissant. Cette album annonce House of The Holy et Physical Grafiti, ce que l'on appelera plus tard world music. Si pour vous la vie de Led Zep c'est arrêté après II alors passer votre chemin, vous n'avez rien compris.


Blow by Blow, Jeff Beck, 1975 : Cette album est le début de la carrière solo de Jeff Beck. Il est dans la lignée des deux réalisés avec le Jeff Beck Group et propose donc une fusion de différentes choses comme le blues, la pop, le funk, le jazz et le rock bien etendu. Au travers des 9 titres instrumentaux, il nous livre une démonstration de guitare, tant au niveau de l'interprétation ( Scatterbrain et Air Blower notamment ) qu'à celui de la composition (les deux titres récédents et You Know What I Mean ). On ne peut pas passer à coté de cette album sans évoquer Cause We've Ended As Lovers de Stevie Wonder et duquel Jeff fait un titre majeur de sa discographie. L'émotion est présente tout au long de cette chanson qui arracherait une larme à un vétéran de la légion.


Captured Live, Johnny Winter, 1976 : Là où Jeannot Hiver passe, le blues trépasse est ce qui décrit le mieux ce disque et ce guitariste qui a décidé que le blues ne pouvait être lent. On se retrouve donc avec un mélange compos/reprise qui dépote. Au volant de sa Gibson Firebird et bottleneck au doigt, Johnny Winter passe les reprises, et notamment le Highway 61 de Dylan, à la moulinette rock. Johnny met toute sa technique au service d'un blues péchu qui sera une des influences majeurs de Stevie Ray Vaughan. Souvenons nous de cette phrase "Un fan de Stevie Ray Vaughan c'est quelqu'un qui n'a jamais écouté Johnny Winter". Y'a du vrai !


Night of The Living Dregs, Dixie Dregs, 1976 : Un autre groupe où ça fusionne dur. Ce disque est partagé en deux partie, une studio et une live enregistrée à Montreux. Avec le fantastique Steve Morse aux guitares ( actuellement chez Deep Purple ), on mélange rock sudiste, country, jazz et même un brin de classique sans vergogne. La mise en place des rythmiques, les solos joués à l'unisson par la guitare et le violon font taire les extrémistes de tout poil en leur montrant que l'on peut jouer country avec de la distorsion et du rock avec un violon. Le violon apporte une touche originale et sert de guide sur les thèmes et prend une belle part dans des solos vertigineux ou du western brut de décoffrage ( The Bash ).


The Royal Scam, Steely Dan, 1976 : Derrière les deux piliers de Steely Dan que sont Donald Fagen et Walter Becker, on trouve une troupe de fines gachettes des studios californiens comme Larry Carlton à la guitare, Chuck Rainey à la basse ou Bernard Purdie à la batterie. D'autres musiciens apparaissent au fil des chansons avec notamment une bande de guitariste de premier plan. Que trouve t'on sur ce disque ? De tout, du pop - rock, du jazz au travers de progressions peu communes en rock, des rythmiques aux relents funk, en un mot une fusion reussie qui montre que l'on peut tout mélanger pourvus que l'on ait les bons musiciens. Une interprétation parfaite sert des compositions ni trop compliqué ni trop simple avec des refrains que l'on retient sans peine sans pour autant tombé dans les clichés rock à 3 accords. On retiendra en particulier Kid Charlemagne et The Royal Scam.


Live, Jimmy Witherspoon & Robben Ford, 1976 : Robben Ford nous dévoile ici un blues plus classique que celui qui fera la renommée de ses albums solos. Il faut dire qu'à 22 ans il n'a pas encore eu le temps d'absorber toutes les influences et toutes les expériences qu'il fera en tant que musicien de studio. Toujours est-il qu'armé de sa demi caisse il enchaine les morceaux rapides et ultra lents avec un bonheur égal. Ses interventions sont le parfais contrepoint du chant de Jimmy Witherspoon. Une grande leçon de blues.


Elegant Gypsy, Al Di Méola, 1977 : Encore un guitariste qui joue plus vite que son ombre. Pourtant, à cette époque, Al sait écrire de la musique, chose qu'il perdra de vue jusqu'à une période récente. Ainsi, il met son impressionnante technique au service d'une fusion de rythme latino, jazz et son rock. Pour ne rien gacher, il enregistra ce disque avec un groupe de musiciens à l'allure de Dream Team. Juger plutôt, Jan Hammer et Barry Miles aux claviers, Steve Gadd et et Lenny White à la batterie, Anthony Jackson à la basse et Paco De Lucia à la guitare rythmique. Le bonhomme savait s'entourer. Distorsion enclenchée et Les Paul en bandouillère, il nous livre un chef d'oeuvre avec notamment Flight Over Rio, Mediteranean Sundance ou Race With The Devil On Spanish Highway.


Van Halen, Van Halen, 1978 : Un des disques qui a changé le monde de la guitare et qui est traditionnellement l'instigateur de la technique du tapping dont Edward Van Halen deviendra le dépositaire. En plus des exploits acrobatiques et pyrotechniques du monsieur à la guitare sur Eruption qui justifierais à lui seul la présence de ce disque dans la liste et qui a fait entrer Eddie dans la catégorie légende vivante, on trouve sur ce disque une floppée de titres qui deviendront des standards du groupe comme Running with the Devil, You Really Got Me (reprise des Kinks) ou Ain't talk about love. La présence de l'inégalé David Lee Roth au chant ( en faisant abstraction des textes ) et l'efficace section rythmique finissent de rendre ce disque indispensable.


Damn The Torpedoes, Tom Petty and the Heartbreakers, 1979 : L'album de l'inoubliable Refugee et son riff de 5 notes. Un album rock comme on en entend plus guère aujourd'hui. Tout le talent d'un songwriter génial qui sait aller à l'essentiel avec des harmonies simples rappelant Dylan, les Byrds ou les Stones ( les principales influences de Tom ). Bref, c'est du rock, on n'est pas plus intelligent après l'avoir écouté mais on se sent mieux. Pas d'instrumentation délirante, de mise en place sur le fil du rasoir. Ici tout est simple, les refrains sont entêtants et cela en fait un album indispensable.


Mick Taylor, Mick Taylor, 1979 : Après son départ des Stones qui le remplaceront très mal avec Ron Wood, Mick Taylor se met à l'ouvrage pour son premier album solo. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre. Son deuxième album solo est sorti cette année et est parait il de la même facture. Ce disque commence pop - rock - blues avec Leather Jacket, dédié à Keith Richards et à sa compagne de l'époque. On trouve ensuite un blues accoustique à la slide ( Alabama ) puis un blues tout court avec le solo comme il faut ( Slow Blues ). Une ballade ( Baby I Want You ), un titre rock ( Broken Hands ) qui aurait pût être sur un album des Stones et enfin 3 titres où Mick Taylor se métamorphose en Jeff Beck de la période Blow by Blow et nous prouve que l'on peut avoir fait parti des Stones et savoir jouer.


Live Wire/Blues Power, Albert King, 1979 : Voila un album que l'on pourrait résumer par beaucoup de solo et peu de blabla. Albert King nous livre ici son blues plus parlé que chanté entrecoupé de solos anthologiques (à moins que se soient les solos qui sont coupés par le chant ?). On a dit de lui qu'il faisait toujours tourner les mêmes plans, ce n'est pas forcément faux mais l'écoute de ce disque n'est jamais ennuyeuse. On retrouve sur ce disque deux titres qui font partis de ses standarts Blues Power et Blues At Sunrise.


Stage Struck, Rory Gallagher, 1980 : A l'entrée des années 80 Rory Gallagher se lance dans un heavy blues assez éloigné du blues classique qu'il a joué durant les années 70. Le tempo prend un coup d'amphétamines et Rory déboule avec des rythmiques et des solos plus rock-hard que blues. Cela ne l'empêche pas de graver quelques cartons comme Moonchild, Shadow Play ou Follow Me. La photo illustre en fait un coffret comprenant Stage Struck et Live In Europe. Ce dernier permet de voir la différence de style entre le debut et la fin des années 70. Avec Irish Tour '74 on tient là les trois meilleurs live du regretté Rory.


Blizzard of Ozz, Ozzy Osbourne, 1981 : Pour son premier album solo le madman met les petits plats dans les grands et a le coup de génie en engageant le guitariste Randy Rhoads qui disparaitra un an plus tard non sans avoir participer aux deux meilleurs albums d'Ozzy. Cette album, au final assez varié nous montre les multiples facettes du talent de Rhoads au travers de chansons comme Crazy Train ( Hard Rock ), Goodbye to romance ( Slow ), Dee ( Classique ) ou l'anthologique Mr Crowley, morceau de bravoure d'Ozzy. Très influencé par la musique classique, il transpose cette influence dans le Hard Rock comme l'atteste les solos de Mr Crowley et I don't Know ou le titre Dee composé par Randy.


Friday Night In San Francisco, Al Di Méola, John Mc Laughlin, Paco De Lucia, 1981 : Quand trois tueurs de la guitare se réunissent voilà ce que cela donne. Trois guitares accoustiques, rien de plus mais c'est largement suffisant pour avoir fait rêver des générations d'apprentis gratteux. Le titre phare de cette album suffirait presque à rendre l'album indispensable. Mediteranean Sundance, signée Al Di Méola est un pur joyau à consonnance hispanique. Les amoureux de guitare technique sont servis. Un deluge de notes peu commun sur des progressions d'accords mélangeants Jazz, Flamenco et Classique. Un disque pour tous, y compris le plus obtu des trasheurs.


We Want Miles, Miles Davis, 1982 : Qu'est ce que fait un album de Miles dans une selection guitare doivent se demander certains. Cette enregistrement live fournira la réponse en la personne de Mike Stern, six cordiste de service au début des années 80, superbe guitariste mélangeant phrasé jazz et son rock voir hendrixien. Cette album est bien sur une bonne occasion de retrouver des improvisations sans fin tournant sur deux mesures (Jean Pierre). Si les albums solos de Mike Stern peuvent se révéler un peu ennuyeux (instrumental), ses interventions sur cette album sont beaucoup plus savoureuses car plus rares. Avec sa telecaster et le preamp dans le rouge il occupe un espace sonore délaissé par les autres instruments. Pour finir, la basse est tenue par un certain Marcus Miller....


War, U2, 1983 : Nos quatre irlandais sont en colère et le font savoir. Les titres phares de cet album sont bien entendu Sunday Bloody Sunday et New Year's Day. La guitare de The Edge est bien plus rock que celle que l'on entend aujourd'hui. Quelques solos toujours dans le ton, un son qui est la marque de fabrique du guitariste plus quelques idées simples qui feront un carton ( intro de Bloody Sunday ). La guitare et le chant sont supportés par la batterie quasi militaire de Larry Mulen Jr et la basse percusive d'Adam Clayton. Ce disque a donné lieux à un live en disque et vidéo de très bonne facture Under A Blood Red Sky.


1984, Van Halen, 1983 : Cinq ans après la première baffe et une poignée d'album inégaux, les chevelus californiens remettent le couvert avec un album beaucoup plus abouti faisant une place aux claviers et à l'irremplaçable David Lee Roth dont ce sera le dernier album avec le groupe. Le solo du siècle sur le tube planétaire Jump, ce ne peut être qu'Eddy qui nous avait déja fait le coup sur Beat It de Mickael Jackson. Pour les amoureux du contre temps il y a Panama qui comme Jump fait partie des standards du groupe. Hot for Teacher, le space boogie, et son intro de batterie high speed conclu par un tapping assassin. Alex Van Halen nous prouve qu'il n'est pas seulement le frère d'Eddy mais un batteur qui ne fait pas rire. Les paroles sont ce quelles sont mais on est pas là pour ça.


Couldn't Stand The Weather, Stevie Ray Vaughan, 1984 : Après un premier album salué par la critique, Stevie Ray n'a pas droit à l'erreur et doit prouver qu'il est bien le renouveau du blues. Ce qu'il va faire en compagnie de Double Trouble, le bassiste Tommy Shanon et le batteur Chris Layton. Ce disque s'ouvre sur Scuttle Buttin, instrumental endiablé, où SRV fait admirer sa technique et son sens du solo. On trouve ensuite les morceaux Couldn't Stand The Weather et Cold Shot, séparés par une Voodoo Chile dans une version apocalyptique qui sera au programme de la majeure partie des concerts. On trouve enfin le très beau Tin Pan Alley et le jazzy Stang's Swang.


Rising Force, Yngwie J. Malmsteen, 1984 : Alors que le monde s'extasi devant Jump de Van Halen, Malmsteen sort ce qui est encore à l'heure actuel son meilleur album, et se révèle comme le meilleur guitariste de sa génération. Quand le classique rencontre un guitariste virtuose élevé au hard rock, on obtient un nouveau style qui sera batisé shred ou métal néo - classique et qui générera une multitude de clones rivalisant de virtuosité. Au menu de cette album, 8 titres qui poseront les bases de ce nouveau style. Le touché et le son de l'homme a la strat jaune se retrouvent sur Black Star, Far Beyond the Sun ou Icarus' Dream op.4. Cela dit, la musique cède parfois à la démonstration mais moins que par la suite. Aujourd'hui, notre suédois c'est enfermé dans son style et vient juste de refaire surface après un passage à vide d'une dizaine d'année.


Apetite for Destruction, Gun's & Roses, 1987 : Quand les Gun's étaient jeunes et pauvres, ils avaient la rage et faisient de la musique. Ce disque contient sa dose d'énergie brut et pour une époque où Bontempi était plus populaire que Gibson, ça à secouer beaucoup de monde et susciter des vocations. On trouve sur ce disque Paradise City, Nightrain, Welcome To The Jungle, Sweet Child O'Mine et Mr Browstone pour ne citer que les plus connus. Une chose est sur, il n'y a rien à jeter, ni les solos anthologiques de Nightrain, Paradise City ou Sweet Child O'Mine ni la voie encore vivante d'Axel. Dommage que la suite soit une lente descente vers la médiocrité !


Surfin' With The Alien, Joe Satriani, 1987 : Pour Joe le moment est venu de se faire connaitre par le grand public. C'est le but avoué de cette album. Il compose donc une poignée de titre mélangeant démonstration guitaristique ( Midnight, Circles ), composition pour toute la famille ( Always With You, Always With Me ) et morceaux de bravoure à base de thèmes faciles à mémoriser ( Crushing Days, Surfin' With The Alien, Lord Of K arma ). Il réussi le tour de force de vendre plusieurs millions d'exemplaires d'un album de musique instrumental ce qui dans les années 80 est proche du miracle.


Sonic Temple, The Cult, 1989 : Produit par Bob Rock ( bien connu pour son travail avec Metallica ), cette album est une mine d'or. Même si l'on pourrait lui coller une étiquette Hard FM, on ne le fera pas car il y a finalement peu de ballades mais beaucoup d'énergie ( Sun King, Fire Woman ). Avec des compos de grande classe et des arrangements qui ne sont pas sans rappeler ceux de Jimmy Page avec Led Zeppelin, The Cult nous livre l'album définitif. Rien à changer, tout à écouter.


In Step, Stevie Ray Vaughan, 1989 : Le dernier album du texan avec son groupe Double Trouble. Encore un morceau de légende dans cette album, Riviera Paradise. Un blues mineur lent mais tellement beau, et ce son mes amis ...Lui aussi était au sommet, il revenait de l'enfer et pour prouver qu'il n'avait rien perdu de son talent il ouvre cette album par un rock endiablé, The House is Rockin', repris il y a peu par Brian Setzer. Ensuite on trouve pèle mèle une reprise de Willie Dixon, une de Buddy Guy et une poignée de compos. Une tournée en Europe avec Jeff Beck était prévu après cette album. Malheureusement, il n'en a jamais eu le temps.


Passion and Warfare, Steve Vai, 1990 : Après son passage chez Zappa et l'album solo qui suivit, Flexable, Steve Vai nous revient avec un album solo instrumental. Souvent comparé à Satriani, Steve prend quand même une voix plus expérimentale que le maitre. Bruitage en tout genre et techniques de guitare exotiques sont au rendez vous. Très abouti dans les arrangements/composition tout autant que dans son jeux, cet album contient ce qui à l'heure actuel reste le chef d'oeuvre de Vai, For The Love Of God. Ce titre est un résumé de toutes les compétences de l'alien. Un son titanesque, un thème imparrable, quelques passages techniquements impresionnants et une partie de synthé arrangée de fort belle manière.


Metallica, Metallica, 1991 : Après le métal stricto sensus de Master Of Puppets et un métal quasi progressif sur And Justice For All, Metallica se met à la portée du grand public avec cette album et ses trois tubes planétaires Enter Sandman, The Unforgiven et Nothing Else Matter. En plus de ces trois titres qui sont pour certain une trahison, on en trouve une poignée qui n'aurait pas déparé sur Ride The Lighting ou And Justice For All ( Wherever I May Roam, The God That Failed et My Friend Of Misery pour ne pas les citer ). Une mention spécial pour Kirk Hammett qui n'a jamais été aussi inspiré que sur ce disque. La suite est moins rose mais surrement plus dorée pour nos métalleux puisque depuis ils sortent des albums insipides et ce n'est pas le dernier, Garage Inc qui relève le niveau.


Blood Sugar Sex Magik, Red Hot Chili Peppers, 1991 : Pour eux aussi c'est l'album de la reconnaissance planétaire. Des hits monumentaux comme Under The Bridge, Blood Sugar Sex Magic et Give It Away et les non moins monumentaux I Could Have Lied, Suck My Kiss, Naked in The Rain et Apache Rose Peacock font découvrir au monde la fusion du rock, du hard et du funck. La force des red hot réside essentiellement dans leur duo rythmique, Chad Smith derrière les futs et Flea à la basse, dont l'efficacité est encore une fois démontré. A la guitare John Frusciante nous livre quelques solos de grande classe sous influence Hendrixienne. Kiedis n'est pas en reste puisque l'ancien rappeur fait mieux qu'essayer de chanter. En résumé, un album qui déménage mais néanmoins recommandé pour toute la famille.


Back To The Light, Brian May, 1992 : Freddy Mercury n'est pas encore froid que Brian May sort son album solo, le deuxième, où il nous fait partager son mal être. Il s'énerve et on en prend plein la tronche après une introduction un peu space. Si l'on n'était pas convaincu de son talent du temps de Queen (encore qu'il fallait être sourd), on en est maintenant persuadé. On découvre en plus du guitarsite un excellent chanteur. Le fait qu'il soit cité comme exemple par bon nombre de bon guitariste actuel est complètement évident à l'écoute de cette album où il passe sans encombre d'un quasi métal à de la country ou à des ballades.


Rage Against The Machine, Rage Against The Machine, 1992 : Le reveil aurait pût être plus calme. Après la décennie Hard FM, les petits jeunes de RATM ont des choses à dire et ils le font savoir. Tom Morello pousse tous les potards à 11 et inventent de nouvelles sonorités guitaristiques. Mélangeant allègrement riffs métal, rythmique funckisante et solo façon bontempi, il nous prouve que la guitare n'a pas encore tout dit. Zack De La Rocha, brailleur de service, nous délivre son message socio-politico-economico-radical comme un grand coup de pied dans le c_l et nous rapelle que le monde n'est pas parfait ( avait - on besoin de lui ? ). Pour mieux nous interpeller, ils ont pensé à tout, y compris le moine boudhiste s'imolant par le feu sur la pochette. Original non !


 Image and words, Dream Theater, 1992 : Le deuxième album du groupe phare de la scène progressive côté métal. Après un changement de chanteur et l'écriture d'une poignée de titre qui deviendront des standards, DT nous montre que l'on peut être technique tout en faisant de la musique. Ces titres, tous les fans de bases les connaissent. Il s'agit de Pull Me Under, Take The Time, Metropolis part 1 et Learning to Live. Le problème de ce groupe est que ils sont tous bons voir les meilleurs sur leur instruments. John Petrucci est assuremment un des grands de la guitare. En plus de jouer plus vite que son ombre, il est un orfèvre en matière de son. Mike Portnoy est sans conteste possible le meilleur batteur de la scène métal. Quand au chant, il est tout simplement excellent. Je ne parle pas du bassiste, vous n'avez qu'à écouter son solo sur Metropolis pour vous faire votre avis, ni du clavier, lui aussi un tueur.


Ten, Pearl Jam, 1992 : Catalogué à tort comme grunge, les petits gars de Pearl Jam sont les seuls à avoir survécu à la mort de Kurt Kobain ce qui prouve bien qu'ils ne l'étaient pas. Ce qui est sur c'est que nos quatre faux grunges ne font pas dans la dentelle. Ils attaquent bille en tête avec Once, Free et Alive. Devant les guitares Zeppeliniène de Stone Gossard et Mike Mc Ready on trouve le meilleur chanteur de la scène de Seatle, Eddie Vedder. Avec sa voix puissante, les titres précédents deviennent des hymnes que nos guitaristes enrobent de solos à l'emporte pièce. En fait, de Seatle ils ont le son et des chansons qui ne respirent pas vraiment la joie de vivre mais bon c'est le genre qui veut ça.


From the Craddle, Eric Clapton, 1994 : Pendant une dizaine d'année, on a cru Clapton perdu pour le Blues et la musique autre que FM. Il n'en est rien. Cette album de reprises de blues est pour moi son meilleur album solo. C'est une suite logique à Unplugged qui faisait déja une belle part aux reprises blues. Contrairement à son habitude, il lache sa strato, sur certain titre, pour une demi caisse. Le son est blues, claquant et un poil saturé. Les solos pleuvent à n'en plus finir. Bref, tout cela nous ramène à son album avec John Mayall quelques trente ans plus tôt. Pendant la tournée qui suivra, il ne reprendra, au grand etonnement de beaucoup de fans, aucun de ses standards. Personne ne s'en est plaint.


Venus Isle, Eric Johnson, 1996 : Guitariste texan quasiment inconnu de ce côté ci de l'atlantique, il fait parti des très grand de la guitare. Venus Isle, dernier album en date en est la preuve éclatante. Certes on qualifiera le son de californien mais quel guitariste. Ses compositions, arrangements et ses capacités sur le manche en font l'un des tout meilleur. Il peut jouer blues, jazz, rock et country sans se forcer en vous parlant de cuisine. Doté d'un bon organe vocal, il chante alors que l'instrumentation se suffit à elle même mais cela ne nuît en rien à l'album et évite une possible monotonie commune aux albums instrumentaux. Ce n'est pas pour rien qu'il a fait la tournée américaine du G3 avec Steve Vai et Joe Satriani. Si tous ses albums sont indispensables, celui ci est surrement le plus abouti. Peut être un peu trop diront certains, on se surprend à attendre une erreur ou un son brut de décoffrage, il n'en est pas moins une référence. Pour le même prix on trouve un morceau en hommage à SRV avec la participation de Jimmy Vaughan.